18/06/2014

Au bout de moi-même à la coupe du monde d’Huatulco

posté à 20h02

Huatulco, petite ville Mexicaine sur la côte pacifique, avec de magnifiques baies naturelles. Un vrai petit paradis sur terre dans lequel on peut vivre l’enfer !! Cette coupe du monde où je suis allé 3 fois est LA course la plus dure que je n’ai jamais faite. Pour ma 3ème participation là-bas, connaissant la course, je m’étais préparé à souffrir mais cette fois-ci a été LA plus dure !

Pour mieux comprendre ce qu’il va suivre… Voilà le tableau :

- Température de l’océan 30°C : Il fait déjà trop chaud dans l’eau…
- Température de l’air au moment de la course 40°C et 98% d’humidité : Autant dire qu’on est dans un sauna lorsqu’on est au soleil !
- 8 tours de 5km en vélo avec une côte de 500m à 15% à chaque tour en plein soleil
- 4 tours à pied de 2,5km avec deux côtes par tour. Heureusement eau fraîche tous les 250m mais ce n’est pas du luxe !
- De la pression, les critères m’imposent la victoire avec de l’avance pour espérer rentrer en WTS

Après une bonne natation, je sors de l’océan à 20’’ du premier et je me retrouve rapidement devant en vélo au bout de 1km environ. Dans le 4ème tour vélo, une échappée se dessine dans la côte avec la plupart des meilleurs rouleurs, donc je fais l’effort pour la prendre. On réussit à creuser l’écart au prix de pas mal d’efforts avec mes 5 compagnons d’échappée (Etienne Diemunch, Luciano Taccone et Tyler Butterfield notamment vraiment costaud en vélo !) et je ne sais pas si c’est vraiment une bonne idée car connaissant la course, je sais que tous les efforts se payent. Néanmoins, il faut tenter et prendre des risques !

On pose le vélo avec 1’35 d’avance sur nos poursuivants. Avec Etienne Diemunch nous prenons les devant dès le début de la course à pied. Connaissant la course, on part prudemment mais on se rend compte au demi-tour qu’on a déjà bien creusé l’écart. Dans le deuxième tour je lâche Etienne pour prendre la tête de la course. Au 7,5km j’ai 1’15 d’avances sur Taccone, je commence à ne pas être très bien mais rien de plus normal avec ces conditions course, il ne reste qu’un tour, j’ai de l’avance tout va bien aller ! Au 8,7km je commence à voir trouble et à me sentir vraiment dans le dur, ce n’est plus très normal mais j’ai encore une minute d’avance et impossible de baisser les bras dans cette position, je me dis : Gère et tout ira bien ! A partir de là, je me mets dans ma bulle et me concentre sur la ligne d’arrivée que je dois aller franchir. A 300m de l’arrivée, alors que j’ai encore plus de 30’’ d’avance mon état s’empire fortement et mes jambes commencent à se dérober sous l’impact de mes foulées. Arrivé dans la dernière ligne droite, à bout de force, je m’écroule au sens propre du terme à 20 ou 30m de la ligne mes jambes ne pouvant plus me porter. C’est à ce moment là que l’argentin Taccone me double pour aller chercher la victoire qui me tendait les bras. Toujours concentré sur mon objectif d’arrivée jusqu’à la ligne, je parviens à me relever et a atteindre la ligne avec l’aide des barrières. L’italien Uccellari me fais le sprint et je le regarde passer impuissant. Je termine donc 3ème et je m’écroule ne pouvant plus faire un pas de plus après la ligne.

Aussitôt pris en charge par les secours, je vais déjà bien mieux au bout d’une heure. Je passerai quand même quelques heures de plus à l’hôpital sous perfusion.

A chaud, je suis déçu et triste car j’ai fortement dominé cette épreuve jusqu’à 200m de l’arrivée, mais cela fait parti de la course, j’étais surement le plus fort mais les autres ont mieux gérer leur effort et sur cette course ça a fait la différence.

A froid, je me refais la course la course dans tous les sens mais dans tous les cas je n’ai aucun regret à avoir, je n’ai pas fait d’erreur pendant la course en termes d’hydratation et de protection et il était impossible de prévoir ce coup de chaud. J’ai réussi à aller au bout de moi-même, j’ai pris des risques qui n’ont pas payés cette fois mais comme un ami me dit souvent : 100% des gagnants ont tenté leur chance !

Un grand bravo à Etienne Diemunch qui prend une superbe 4ème place dans la difficulté aussi.
La satisfaction est que cela fait trois coupes du monde enchaînées où je montre que je suis capable de gagner (Cozumel 2ème au sprint avec Gomez, Chengdu 7ème avec une chute en vélo et meilleur temps à pied, Huatulco 3ème et en tête au 30m de l’arrivée…) et cela me conforte fortement dans mes objectifs et me motive pour la suite !

Enfin, merci encore à tous pour vos messages de soutien, ça fait vraiment chaud au coeur !!

Vidéo de la course (Attention certaines images font un peu mal à voir…) :



 


Autre news:
22/05/2016 : Victoire à Salinas (Equateur)
21/04/2016 : 10ème à la coupe du monde de Chengdu!
09/04/2016 : Enfin de retour à la compétition!
01/01/2016 : Une belle année 2016 à tous!
09/12/2015 : Suis-je un citoyen-sportif irréprochable ?
28/09/2015 : Une saison compliquée!
08/04/2015 : Début de saison à Cape Town!
13/02/2015 : Un changement important pour la suite...
07/02/2015 : Une mise au point s'impose...
22/12/2014 : Bilan de saison 2014


» Consulter les archives

RSS